OPPORTUNITÉS ET RISQUES DANS LE DROIT CHINOIS DE L'INTERNET
OPPORTUNITIES AND RISKS IN CHINESE
INTERNET LAW
Daniel
Arthur Laprès
Avocat au Barreau de Paris
Barrister & Solicitor (Nova Scotia Canada)
Of counsel to Kunlun Law Firm, Beijing
NEWS/ACTUALITÉS
archives
Le partenaire chinois de Skype
archive les messages sensibles
Julie Desné
03/10/2008 | Mise à jour
: 21:35 | Commentaires 13
.
L'opérateur de téléphonie
en ligne, Skype-TOM a reconnu vendredi avoir placé des filtres pour
déceler le moindre message compromettant.
Shanghaï
La république populaire ne
relâche pas la pression. Après Yahoo! et Google, l'opérateur
de téléphonie en ligne Skype se plie, lui aussi, aux exigences
des censeurs chinois. Son partenaire TOM Online, un des premiers portails
chinois, a reconnu vendredi archiver tous les messages qualifiés
de « politiquement sensibles ». Selon une enquête menée
par un chercheur du laboratoire Citizen Lab, hébergé par
l'université de Toronto, des filtres ont été placés
par Skype-TOM pour déceler le moindre message compromettant et l'archiver.
« Falungong », « indépendance de Taïwan »
ou « lait en poudre » : autant de mots qui déclenchent
l'alerte. Le chercheur canadien Nart Villeneuve affirme avoir eu accès
à plus d'un million de messages via un des huit serveurs de Skype
Chine.
TOM Online, propriété
du milliardaire hongkongais Lee Ka-shing, a justifié sa démarche
par le respect de la règlementation chi-noise. De son côté,
l'opérateur suédois reconnaît avoir accepté
la mise en place de filtres dès le lancement de sa branche chinoise
en 2006, mais assure ne pas être au courant du stockage des données.
Citizen Lab n'a pas pu déterminer quelles informations avaient été
transmises au gouvernement, mais elles sont, de fait, à la disposition
du parti. « Il est de notoriété publique que la censure
existe en Chine », estimait vendredi John Silverman, président
de Skype. L'opérateur de téléphonie en ligne n'est
pas le premier à se faire épingler par les défenseurs
des droits de l'homme. Google et Yahoo! avaient aussi été
critiqués pour s'être pliés à ces règles
de compromission.
Pékin craint l'embrasement
En 2005, le journaliste Shi Tao a
été condamné à dix ans de prison pour avoir
diffusé depuis son adresse Yahoo! une circulaire du département
de la propagande sommant les journaux chinois de ne pas mentionner l'anniversaire
de la répression de Tiananmen.
Alors que la presse est encore verrouillée
et la moindre manifestation interdite, l'Internet est le seul moyen dont
disposent les citoyens chinois pour se faire entendre. Seulement Pékin
craint que ses quelque 260 millions d'internautes ne s'embrasent. La complicité
des opérateurs est sans doute l'un des moyens les plus efficaces
pour surveiller les échanges. Les premiers sites chinois s'appellent
Sina, Sohu ou Baidu, quand les étrangers comme Google ou Yahoo!
sont prêts à tous les sacrifices pour se faire une petite
place sur ce marché monstre. Pékin se charge ensuite de bloquer
les sites les plus gênants, comme la version chinoise de BBC News.
Les cybercafés, d'où partent un tiers des connexions, n'échappent
pas non plus à cette étroite surveillance. Une pièce
d'identité est réclamée systématiquement à
l'entrée. La police poursuit sans relâche les cyberdissidents,
dont cinquante sont aujourd'hui derrière les barreaux faisant de
la Chine la première prison du monde en la matière, selon
Reporters sans frontières.
Aux Etats-Unis, pression accrue
contre les entreprises complices (Le Monde) _LE MONDE | 28.08.07
Comme presque tous les pays du monde,
la Chine a créé son réseau Internet en important des
équipements américains. Pour son infrastructure technique,
elle a fait appel en priorité à la société
californienne Cisco, premier producteur mondial de routeurs (équipements
d'acheminement des données). Et elle a laissé s'installer
sur son marché les grands prestataires de services en ligne américains
comme Yahoo, Google ou Microsoft.
Parallèlement, le gouvernement
chinois a mis en place un vaste système de contrôle policier
de l'Internet. Il n'est pas parfait, mais s'avère efficace pour
bloquer l'accès aux sites "subversifs", surveiller le contenu des
messages et traquer les opposants. Aux Etats-Unis, des militants des droits
de l'homme, des universitaires et même des hommes d'affaires accusent
régulièrement ces entreprises américaines d'avoir
participé à la mise en place de cette machine répressive,
dans le but d'établir de bonnes relations avec le gouvernement chinois
et de renforcer leur présence sur cet immense marché.
Cisco est ainsi soupçonnée
d'avoir aidé les fournisseurs d'accès chinois à paramétrer
leurs routeurs, notamment pour en faire des outils de blocage et de surveillance.
Une loi de 1989 interdit aux sociétés américaines
de vendre à la police chinoise "tout instrument ou équipement
de détection ou de contrôle d'activités illicites",
mais le département du commerce de Washington l'a interprétée
de façon restrictive : l'embargo est appliqué sur les menottes,
pas sur le matériel informatique.
De son côté, Microsoft
est accusée d'avoir fermé des blogs de dissidents sur ordre
des autorités chinoises. Google et Yahoo ont créé
des moteurs de recherche en chinois qui se plient aux exigences des organes
de censure. Yahoo a livré à la justice chinoise des informations
personnelles sur M. Shi Tao, un dissident qui avait publié anonymement
des textes politiques sur un forum. M. Shi Tao a ainsi été
identifié, arrêté et condamné à dix ans
de prison.
ENQUÊTE CONTRE YAHOO
Pour faire pression sur ces entreprises,
les défenseurs des droits de l'homme font preuve d'imagination.
Dès 2002, une militante avait acheté des actions de Cisco,
afin de pouvoir voter lors de l'assemblée des actionnaires, puis
avait déposé une résolution demandant à la
direction de s'expliquer sur ses relations avec les autorités chinoises.
Sa motion n'avait recueilli que 1 % des voix. La tactique a été
reprise par un grand fonds d'investissement "éthique", Boston Common
Asset Management (BCAM). Lors de l'assemblée générale
de Cisco en 2006, la résolution BCAM a obtenu 29 % des voix. BCAM
a aussi fait signer une "charte éthique" à 35 fonds d'investissement
et cabinets financiers. _La polémique a gagné la scène
politique. En février 2006, une commission de la Chambre des représentants
a convoqué à Washington des hauts responsables de Cisco,
Yahoo, Google et Microsoft, et les a longuement interrogés, en reprenant
les accusations des militants des droits de l'homme. Pour leur défense,
les représentants des quatre sociétés ont rappelé
que les filiales étrangères des multinationales américaines
sont soumises aux lois du pays hôte, en Chine comme ailleurs. Cisco
a ajouté qu'elle livre à la Chine des équipements
standard, et n'est pas responsable de ce qu'en font ses clients. Ces responsables
ont en outre estimé que la collaboration avec les dictatures est
un moindre mal : le pire serait que ces pays créent leurs propres
réseaux fermés, ce qui entraînerait la fin de l'Internet
en tant que réseau planétaire.
Un groupe d'élus du Congrès
a déposé un projet de loi visant à interdire aux entreprises
américaines de traiter avec les gouvernements étrangers qui
censurent l'Internet. Il n'a pas été adopté, mais
début août, le Congrès a décidé de lancer
une enquête sur le rôle de Yahoo dans l'affaire Shi Tao. Ce
qui n'a pas empêché les hébergeurs de sites et de blogs
américains opérant en Chine, y compris Yahoo, de signer fin
août un nouveau "pacte d'autodiscipline" imposé par Pékin
et visant à renforcer la censure.
Yves Eudes _Article paru dans l'édition
du 29.08.07
La censure sur Internet : Etats
contre cyberdissidents (Le Monde) _LE MONDE | 28.08.07
En une dizaine d'années,
Internet s'est imposé comme un outil essentiel de la vie démocratique.
En Occident, le cyberespace a révolutionné les campagnes
électorales et fait émerger un "journalisme citoyen". Dans
les jeunes démocraties et les régimes autoritaires, il a
fourni une arme redoutable aux défenseurs de la liberté d'expression
et aux militants démocratiques : l'arme de la communication invisible.
Inévitablement, ces régimes ont cherché la parade.
Et l'ont trouvée - avec l'aide des grandes entreprises de la high-tech
occidentale. Arsenal répressif ou technologique, certains pays mettent
tout en oeuvre pour tenter de contrôler Internet, pour empêcher
la circulation d'idées, d'informations et de mots d'ordre indépendants.
Y parviennent-ils ? Pas tout à fait et pas partout. Comme toujours,
il est plus facile de contrôler un petit pays qu'un grand, mais,
comme le constatent à leurs dépens les dirigeants chinois,
la vague Internet n'est pas si facile à endiguer. Et les surfeurs
sont parfois, eux aussi, très forts en technologie. _
40 000 policiers du Net contre 162
millions d'internautes
La "grande muraille virtuelle" érigée
par le gouvernement chinois contraint les internautes à des stratégies
de contournement et à des jeux de cache-cache. Blogs fermés,
sites bloqués, messages effacés requièrent une certaine
ingéniosité. Franchir la ligne rouge peut coûter cher
: l'ONG Reporters sans frontières estime que 52 cyberdissidents
sont derrière les barreaux en Chine, souvent accusés d'avoir
révélé des secrets d'Etat, un délit fourre-tout
qui permet tous les abus de pouvoir.
L'autocensure est systématique
: les portails (Sina, Sohu) ou les hébergeurs de blogs (Tianya)
reçoivent, comme tous les médias, des circulaires avec les
sujets à ne pas aborder - comme celle que le journaliste Shi Tao
a mise en ligne en 2005, ce qui lui a valu dix ans de prison. Le nettoyage
est fait (des phrases disparaissent des blogs ou des forums de discussion),
avant même que la police de l'Internet, forte de 30 000 à
40 000 membres, n'intervienne. _Un nouveau pas vient d'être franchi
le 24 août : les hébergeurs de blogs chinois, mais aussi Yahoo
et Microsoft (MSN) ont signé un "pacte d'autodiscipline" à
travers lequel ils s'engagent à ne pas diffuser des "messages illégaux
et erronés" et à "protéger les intérêts
de l'Etat et du public chinois". Ce "pacte" encourage aussi les hébergeurs
à identifier les blogueurs.
Jusqu'alors, le système de
censure chinois a été sérieusement mis à l'épreuve
par les 162 millions d'internautes recensés et leurs 20 millions
de blogs. Internet est devenu une caisse de résonance sans pareille
pour la société civile. Il a amené le parti à
prendre en compte une opinion publique qu'il méprisait, et nourrit
une presse de plus en plus agressive.
A Xiamen, en mai, un activiste a
réussi, grâce à son blog, à mobiliser la population
de la ville contre le projet de construction d'une centrale pétrochimique.
Après avoir échangé près d'un million de messages
SMS, les habitants ont participé à l'une des plus grosses
manifestations organisées dans une grande ville de Chine depuis
les rassemblements de la place Tiananmen en 1989. "Les médias n'ont
pas pu parler de la manifestation. Mais des internautes vont à leurs
frais sur place et enregistrent les événements avec un téléphone
portable ou bien une caméra, puis les diffusent sur le Net. C'est
un nouveau canal pour une expression indépendante", explique Li
Datong, l'ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Bingdian, limogé
en 2006 pour avoir mis en ligne un système de pénalités
imaginé par les cadres du parti pour sanctionner les journalistes
trop critiques.
Révélé par
un reportage télévisé, l'esclavage généralisé
pratiqué dans les briqueteries du Henan et du Shanxi est devenu
une affaire nationale grâce à Internet, où les parents
d'enfants disparus ont fait circuler des pétitions. Plus rien ne
semble pouvoir arrêter l'information en Chine : le gouvernement a
finalement renoncé, en mai, à obliger les auteurs de blogs
à s'enregistrer au préalable sous leur véritable identité.
Trop compliqué à mettre en oeuvre à une échelle
pareille.
Sylvie Kauffmann, avec Martine Jacot
et Brice Pedroletti _Article paru dans l'édition du 29.08.07 _
En Chine, des policiers virtuels
vont patrouiller sur le Net (Le Monde) _LEMONDE.FR | 29.08.07 | 16h30
¥ Mis à jour le 29.08.07 | 17h56
Les autorités chinoises,
qui multiplient les moyens pour contrôler l'accès de ses citoyens
à Internet, s'apprêtent à lancer un nouveau programme
afin de prévenir toute "activité illégale" sur
le Net. Un couple de policiers virtuels apparaîtra, dès le
1er septembre, toutes les demi-heures sur les écrans de tout internaute
se connectant sur un site d'information basé à Pékin.
En décembre, cette mesure sera appliquée à l'ensemble
des sites et des forums de la ville.
Les cyberpoliciers se manifesteront
à intervalle régulier pour rappeler aux internautes que certains
sites _ considérés comme une "source de désordre public
et de perturbation de l'ordre social", selon Pékin _ ne doivent
pas être visités.
Il s'agira de mettre hors d'atteinte
aussi bien la pornographie que les sites incitant à la sécession,
aux jeux d'argent ou à la fraude. "La police protégera le
monde virtuel, car il a un impact grandissant sur le monde", s'est justifié
Zhao Hongzhi, directeur adjoint du département Internet de la police
de Pékin.
Les autorités chinoises misent
également sur l'interactivité de ses policiers virtuels.
Ainsi, lorsqu'un utilisateur cliquera sur les icônes, il sera automatiquement
redirigé vers le site du centre de surveillance d'Internet, où
il pourra à son tour signaler tout contenu suspect ou toute activité
illégale. Environ 5,5 millions des 120 millions d'internautes chinois
se trouvent actuellement dans la capitale, où sont également
hébergés plus 300 000 sites et forums.
Le Monde.fr avec AFP _
Beijing pledges crackdown on hackers
(FT)
By Richard McGregor in Beijing and
Hugh Williamson in Berlin _Published: August 27 2007 19:00 | Last updated:
August 27 2007 19:00
Beijing has pledged "forceful measures"
to combat international computer hacking following reports in Germany that
Chinese hackers with army links had infiltrated the computer systems of
important government ministries in Berlin. _The reports coincided with
the visit to China of Angela Merkel, the German chancellor. In response
Wen Jiabao, China's premier, said Beijing would take action against international
hackers.
"When the Chinese government ascertained
there were reports saying hackers were breaking into the German computer
system, we in the government took it as a matter of grave concern," Mr
Wen said in a press conference after talks with Ms Merkel.
"We are willing to maintain co-operation
with the German government and take firm and effective action to prevent
all hacking acts that threaten computer systems."
Mr Wen's comments contrasted markedly
with the initially negative reaction from China's embassy in Berlin, which
dismissed the reports in Der Spiegel, the German news magazine, as baseless.
_It is also highly unusual for a Chinese leader to use a public forum to
acknowledge and promise to pursue what are effectively espionage allegations
against China.
German officials said they were
surprised how directly Mr Wen had addressed the issue. The premier told
journalists he had read the article.
The Der Spiegel story said that
the hackers had been traced to Guangzhou and Lanzhou, which are both centres
of operation for the People's Liberation Army. Ms Merkel indicated that
she had raised the issue of Chinese hackers with Mr Wen and told him "that
in order to move relations forward_._._._we must together respect a [common]
set of game rules."
Mrs Merkel decision to tackle the
issue directly with Mr Wen is further evidence of the markedly tougher
approach she has adopted to China, especially on technology transfer and
protection. _She is due to meet independently-minded intellectuals and
writers on Tuesday, such as Li Er and Sha Yexin, to underline her concerns
about press freedom in China _ the kind of gesture that her predecessor,
Gerhard Schröder, would not have made. _
Beijing police to patrol the Web
using animated 'officers' (IHT)
The Associated Press _Tuesday, August
28, 2007
BEIJING: Police in China's capital
said Tuesday they will start patrolling the Web using animated beat officers
that pop up on a user's browser and walk, bike or drive across the screen
warning them to stay away from illegal Internet content.
Starting Sept. 1, the cartoon alerts
will appear every half hour on 13 of China's top portals, including Sohu
and Sina, and by the end of the year will appear on all Web sites registered
with Beijing servers, the Beijing Public Security Ministry said in a statement.
China stringently polices the Internet
for material and content that the ruling Communist Party finds politically
or morally threatening. Despite the controls, nudity, profanity, illegal
gambling and pirated music, books and film have proliferated on Chinese
Internet servers.
The animated police appeared designed
to startle Web surfers and remind them that authorities closely monitor
Web activity. However, the statement did not say whether there were plans
to boost monitoring further. _The male and female cartoon officers, designed
for the ministry by Sohu, will offer a text warning to surfers to abide
by the law and tips on Internet security as they move across the screen
in a virtual car, motorcycle or on foot, it said.
If Internet users need police help
they can click on the cartoon images and will be redirected to the authority's
Web site, it said.
"We will continue to promote new
images of the virtual police and update our Internet security tips in an
effort to make the image of the virtual police more user friendly and more
in tune with how web surfers use the Internet," it said.
China has the world's second-largest
population of Internet users, with 137 million people online, and is on
track to surpass the United States as the largest online population in
two years. _The government routinely blocks surfers from accessing overseas
sites and closes down domestic Web sites deemed obscene or subversive.
_
Yahoo
Yahoo! mis en cause dans l'arrestation
de "cyberdissidents" chinois (le Monde) _LEMONDE.FR | 28.08.07 | 11h46
¥ Mis à jour le 28.08.07 | 12h09
Les associations de droits de l'homme
font front commun contre le moteur de recherche Yahoo!, jugé trop
conciliant avec les autorités chinoises. L'ONG américaine
World Organization for Human Rights vient de publier sur son site la plainte
de Wang Xiaoning à l'encontre de l'entreprise américaine,
accusée d'avoir transmis les adresses e-mail et IP du "cyberdissident".
"En fournissant ces informations, le défenseur a sciemment enfreint
les lois internationales, et causé au plaignant de graves souffrances
physiques et mentales", précise le texte de la plainte.
Agé de 56 ans, Wang Xiaoning
a été condamné en septembre 2003 à dix ans
de prison et deux ans de privation de ses droits civiques pour "incitation
à la subversion du pouvoir de l'Etat". Lors de son arrestation,
précise la plainte, l'opposant chinois a été torturé.
Il est l'auteur de journaux en ligne diffusés par courriel, prônant
une ouverture démocratique de la Chine.
D'autres "cyberdissidents" auraient
également été arrêtés sur la base de
données fournies par Yahoo!. L'association Reporters sans frontières
en recense au moins quatre. Chef de la rédaction d'un journal économique
dans le sud de la Chine, Shi Tao est condamné en avril 2005 à
dix ans de prison. Agé de 38 ans, il est mis en cause pour diffusion
de secrets d'Etat après avoir posté sur la Toile une consigne
du gouvernement chinois aux médias leur interdisant de célébrer
l'anniversaire de la répression du mouvement pro-démocratique
sur la place Tiananmen. Sa mère a réclamé que la firme
américaine soit jugée pour avoir communiqué aux autorités
chinoises les informations qui ont conduit à l'emprisonnement du
journaliste.
A propos de cette affaire, Michael
Callahan, un responsable de Yahoo!, a affirmé que l'entreprise n'avait
pas "d'information sur la nature de l'enquête". "Nous condamnons
toute répression de la liberté d'expression, en Chine comme
dans le monde entier. Nous avons fait connaître nos vues au gouvernement
chinois", précise-t-il sur le blog de la société.
"Quand une entreprise de télécommunications implantée
aux Etats-Unis reçoit un ordre de renforcement de la loi américaine,
elle doit s'y conformer. De la même manière, ne pas se soumettre
en Chine aurait exposé Yahoo! à des charges criminelles.
En fait, les compagnies américaines doivent faire face à
un dilemme : se conformer à la loi chinoise ou partir", ajoute-t-il.
_ _ENQUÊTE PARLEMENTAIRE
A la Chambre des représentants,
un influent parlementaire a toutefois annoncé, au début du
mois d'août, l'ouverture d'une enquête pour déterminer
si des responsables du moteur de recherche américain ont présenté
sous un faux jour leur rôle dans l'arrestation de Shi Tao. "C'est
déjà suffisamment honteux qu'une riche compagnie américaine
fournisse volontairement à la police chinoise les moyens de pourchasser
un homme enquêtant sur la répression en Chine", a déclaré
le président de la commission des affaires étrangères,
Tom Lantos. Mais "chercher à cacher cette pratique méprisable
quand le Congrès demande une explication est un grave délit",
a-t-il ajouté.
Yahoo! n'est pas la seule entreprise
informatique accusée par les associations de collaborer avec les
autorités chinoises. Google reconnaît, par exemple, l'interdiction
d'accès à certains sites chinois. Pékin durcit par
ailleurs sa législation, puisque les acteurs informatiques viennent
de signer un "pacte d'autodiscipline", leur enjoignant de "protéger
de leur propre chef les intérêts de l'Etat et du Parti".
"Les entreprises sont dorénavant
'encouragées' à enregistrer l'identité de leurs clients
avant de pouvoir mettre en ligne leurs articles. Le plus grave est que
les entreprises devront garder les informations des blogueurs, permettant
ainsi aux autorités de les identifier", commente Reporters sans
frontières. Parmi les signataires du pacte, figurent des acteurs
majeurs comme MSN de Microsoft et Yahoo!.
Le Monde.fr
Yahoo réclame l'annulation
d'une plainte visant sa filiale chinoise (AFP) _le 28/8/2007 à
20h39 par AFP
Le moteur de recherche Yahoo a réclamé
à la justice américaine de classer sans suites la plainte
déposée par la femme d'un cyber-dissident chinois emprisonné,
qui accuse le groupe d'avoir collaboré avec les autorités
de Pékin pour rassembler des informations sur son mari.
Le géant américain
de l'internet estime, dans un communiqué publié lundi, que
cette plainte a un caractère "politique" et que sa filiale chinoise
a obéi à la législation locale en transmettant des
informations aux autorités. _La plainte, déposée en
avril devant un tribunal de San Francisco (Californie, ouest) par la femme
de Wang Xiaoning accuse Yahoo de complicité de torture et de violations
des droits de l'Homme. _Le groupe américain a été
cité à dix reprises par le tribunal chinois qui a condamné
M. Wang à dix ans de prison en septembre 2003 pour "incitation à
la révolte".
"La liberté d'expression
comme nous l'entendons aux Etats-Unis n'est pas la règle en Chine",
indique Yahoo, "chaque Etat souverain a le droit de réguler la parole
au sein de ses frontières". _Yahoo affirme avoir été
contraint par la législation chinoise de fournir ces informations,
y compris les contenus de courriels.
"Il s'agit d'un problème
politique et diplomatique, mais pas d'un problème légal",
a déclaré la porte-parole du groupe Kelley Benander, citée
par le Los Angeles Times.
"La vraie question est celle de
l'indignation des plaignants face au comportement et aux lois du gouvernement
chinois. Le système judiciaire américain n'est pas le lieu
pour aborder ces questions politiques", poursuit Yahoo.
La plainte contre Yahoo ainsi que
le moteur de recherche chinois Alibaba vise à interdire Yahoo de
collaborer avec les autorités et à faire pression sur Pékin
pour obtenir la libération de M. Wang et d'autres Chinois. _
Google redessine sa stratégie
chinoise (les Echos) _22/08/07
Google accélère sa
stratégie de sinisation. Le moteur de recherche américain
a confirmé hier qu'il venait d'investir dans le portail chinois
Tianya.cn et qu'il prévoyait de coopérer, avec ce partenaire,
au lancement de deux nouveaux services dans le pays. Les futurs sites Tianya
Laiba, sur lequel se connectent des réseaux d'amis, et Tianya Wenda,
où les utilisateurs répondent aux questions des uns et des
autres, utiliseront des technologies développées par Google
et proposeront un accès direct à la version chinoise du moteur
de recherche.
La société américaine
espère ainsi progressivement séduire une partie des 20 millions
d'utilisateurs revendiqués par Tianya, connu dans le pays pour la
vivacité de ses forums, et refaire une partie de son immense retard
sur Baidu, le géant local. Selon les calculs d'Analysys International,
le moteur de recherche fondé par Robin Li détenait toujours,
au premier semestre, 57,6 % du marché de la recherche en Chine,
quand Google progressait légèrement pour atteindre 21 %,
loin devant Yahoo! China et ses 12,5 %. L'empire du Milieu est l'un des
seuls grands marchés où le numéro un mondial de la
recherche Internet peine à imposer sa suprématie. Une exception
à laquelle la firme californienne entend bien remédier.
Longtemps accusé d'avoir
tenté d'imposer une version trop américanisée de ses
services dans le pays, la nouvelle équipe dirigeante de Google en
Chine, emmenée par Kai-Fu Lee, a donc annoncé, en début
d'année, une stratégie de « localisation » maximale.
Pour accroître leur base d'utilisateurs, ses cadres ont déjà
approché plusieurs grands opérateurs de l'Internet chinois
peinant à rentabiliser leurs activités de recherche. Google
a ainsi signé un accord de collaboration avec Tencent Holding et
son petit moteur de recherche Soso. En juin dernier, Sina, le portail le
plus populaire du pays, avait, lui, accepté de placer le moteur
de Google sur sa page de garde. _Le géant américain, qui
a plus que les moyens de ses ambitions, prévoit aussi d'acquérir
au moins cinq sociétés locales dans les douze prochains mois
pour compléter son offre. « Notre ténacité devrait
nous apporter des victoires significatives dans les prochaines années
», assurait, le mois dernier, Eric Schmidt, le PDG de Google. Mais
le match Google-Baidu ne fait que commencer...
Y. R. DE NOTRE CORRESPONDANT À
PÉKIN.
Cabinet d'avocats