Cabinet d'avocats
Conférence Lexis-Nexis, Paris, le 27 avril, 2006
ACTUALITES DU DROIT DU COMMERCE ELECTRONIQUE EN REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE
par
Daniel Arthur Laprès
1. - Introduction
2. - La réglementation afférant
aux activités commerciales sur le web chinois
-
2.1.
- Les fournisseurs d'accès
-
2.2.
- Les fournisseurs de contenus
-
2.3.
- La réglementation des internautes
-
2.4.
- La réglementation de l'encryptage
-
2.5.
- La formation de contrats en ligne
-
2.6.
- Les activités financières en ligne
-
2.7.
- La protection des consommateurs en ligne
-
2.8.
- Les infractions et les sanctions
3. - Conclusion
Annexes :
-
les plus
récentes additions à l'échafaudage légal encadrant le commerce électronique
-
liste des
autorités de régulation compétentes par rapport au commerce électronique
-
dossier
statistique concernant l'état du commerce électronique
-
présentation
des principaux portails exploitant en Chine
*
* *
1. - Introduction
Avec
son réseau constitué de quelque 700.000 sites web parcourus par plus de 100
millions d'internautes dont la moitié se connecte sur des fils à large bande,
le web chinois se hisse désormais au deuxième rang mondial, derrière celui des
seuls Etats-Unis qu'il devrait dépasser dès 2008. En 2004, on recensait 12.000
sites chinois destinés au B2C (commerce de ventes aux consommateurs finaux)[2]
et le chiffre d'affaires y réalisé qui double d'année en année devrait en 2005
dépasser RMB 150 milliards, l'équivalent de 15 milliards.[3]
Les
entreprises en dehors de la Chine ont la possibilité d'exploiter des activités
avec des cocontractants chinois à condition de ne pas violer les normes chinoises
généralement applicables.[4]
D'après la nouvelle loi sur les signatures électroniques entrée en vigueur le
premier avril 2005, les prestataires de services de certification de signatures
électroniques à l'étranger pourront, moyennant réciprocité des traitements, et
approbation du Ministry of Information Industry (MII), doter leurs certificats de valeur légale en Chine.[5]
Depuis 2001, les banques à l'étranger ont également la faculté de solliciter
l'autorisation de la People's Bank of China (PBOC) pour offrir des services
bancaires en ligne sur le territoire.[6]
Les marchands en ligne étrangers retiendront par la même occasion que la
conjugaison des articles 30 et 34 de la loi du 31 octobre 1993 relative à la
protection des droits et intérêts des consommateurs rend les tribunaux chinois
compétents par rapport à toute action d'un consommateur en Chine.[7]
Depuis
le 11 décembre 2004, les entreprises étrangères ayant l'intention d'exploiter
des activités commerciales sur le web chinois ont la liberté de constituer des
filiales contrôlées à 100%, sans nécessairement avoir à s'associer un
partenaire chinois.
Avant même d'entreprendre toute
opération commerciale sur le web chinois, il y a lieu de protéger ses droits de
propriété intellectuelle, dont son nom de domaine.
Lorsque l'entreprise étrangère décide d'investir en Chine
pour y exploiter des activités commerciales sur le web, elle devra se conformer
aux règles encadrant les investissements étrangers.
Ensuite, en exploitant en Chine
des activités sur le web, l'entreprise est confrontée à la réglementation
générale des activités commerciales sur le web chinois, aux règles régissant la
formation des contrats en ligne, celles régissant les aspects financiers des
ventes, celles instituant la protection des consommateurs et de la vie privée,
et enfin celles imputant les responsabilités civiles et pénales survenant en
relation avec les activités sur le web.
Le MII est compétent pour approuver les levées de fonds,
en Chine ou à l'étranger, par les sites web chinois.[8]
Une constante de la mise en pratique des plans, montages
et opérations juridiques en Chine est la bifurcation des pouvoirs entre le
Gouvernement central et les gouvernements au niveau des provinces, des régions
autonomes et des villes sous administration directe du Conseil d'Etat. En de
nombreuses occasions, le niveau inférieur prend des initiatives législatives en
traitant des sujets avant le Gouvernement central. Ceci soulève immédiatement
des spéculations sur l'éventuelle extension des dispositions au niveau
national. D'autres fois, le Gouvernement central peut ne pas agréer les
dispositions adoptées par les gouvernements inférieurs, entraînant l'annulation
de leurs décisions. Trois exemples récents concernent les activités sur le web.
Le Gouvernement de Beijing a devancé le Gouvernement central en adoptant les
Interim Measures for the Administration of Online Advertising du 10 avril 2001
alors qu'aucune réglementation spécifique à l'activité de publicité en ligne
n'a été promulguée au niveau national. Le Gouvernement de Guangdong pour sa
part avait adopté une réglementation relative aux signatures électroniques
avant l'adoption de la loi nationale en 2004.[9]
Le bureau à Shanghai de la State Administration of Industry and Commerce (SAIC)
a adopté une réglementation visant spécifiquement le commerce électronique
alors qu'aucune mesure de cette sorte n'a encore été adoptée au niveau
national.[10]
Considérant
que d'excellents confrères ont l'intention de traiter au cours de leurs
présentations les questions survenant en relation avec les investissements
étrangers dans la distribution en Chine, y compris sur l'internet, ainsi que
celles survenant en relation avec la protection des droits d'auteur, y compris
sur l'internet, ces questions ne seront pas traitées ci-dessous afin d'éviter
toute redondance.[11]
2. - La réglementation afférant
aux activités commerciales sur le web chinois
Les
activités liées au web sont soumises à la réglementation générale relative aux
télécommunications qui sont définies par les Telecommunications Regulations
comme toutes activités exploitant des systèmes électromagnétiques,
optoélectroniques, filaires ou non-filaires, pour transmettre ou pour recevoir
des informations sous forme vocale, de texte, de données, d'images, ou de tout
autre forme.[12]
Les services de télécommunications sont répartis en services de
base et services à valeur ajoutée.[13]
Les
services de base consistant à fournir l'infrastructure du réseau, à transmettre
les données sur les réseaux, et l'offre des services de téléphonie vocale de
base, les candidats à l'exploitation d'activités commerciales sur le web seront
plus concernés par la réglementation relative aux services à valeur ajoutée.[14]
Les
candidats à la fourniture de services à valeur ajoutée sont des sociétés
constituées sous le droit chinois. Les licences leur sont attribuées par les
autorités au niveau provincial pour les communications intra-provinciales et le
MII pour les communications inter-provinciales.
En
tant qu'exploitant d'activités de
télécommunications, les opérateurs de site web doivent respecter l'éthique dans
les affaires, et ils doivent à leurs clients des services rapides, exacts,
sécurisés, commodes et à des prix raisonnables.[15]
L'article 6 des Telecommunications Regulations leur interdit toutes activités
susceptibles de menacer la sécurité de l'Etat, les intérêts publics et les
droits et intérêts légitimes des tiers.
2.1. - Les fournisseurs d'accès
L'interconnexion
entre réseaux de télécommunications à des prix respectant la faisabilité
technique, l'économie, l'impartialité, la justice et la coopération
mutuelle.[16]
Les
fournisseurs d'accès internet sont régis par les Revised Provisional
Regulations Governing the Management of Chinese Computer Information Networks
Connected to International Networks[17]
complétés par les Implementation Measures du 13 février 1998.
Les
articles 6 et 10 des Regulations obligent les fournisseurs d'accès autant que
l'ensemble des internautes à passer par les réseaux agréés par le Gouvernement
pour accéder au réseau international.[18]
L'entreprise d'activités commerciales de fournisseurs d'accès est soumise à
l'autorisation du bureau compétent du MII au niveau provincial pour les
services intra-provinciaux et au MII directement pour les activités
inter-provinciales.
L'activité
est réalisée à travers une société de droit chinois qui doit démontrer ses
capacités techniques et financières d'exploiter l'activité à long terme.
Les
fournisseurs d'accès ont l'obligation de maintenir leurs équipements et
systèmes en état de fournir des services de qualité dans le respect de la sécurité.
L'article
13 des Regulations leur impose de veiller rigoureusement au respect de la
sécurité et de maintenir des systèmes de protection des informations.
Ils
doivent également conserver des historiques des sites visités par leurs clients
pendant 60 jours et tenir les informations à la disposition des services de
sécurité publique pendant 60 jours.
2.2. - Les fournisseurs de contenus
Les
contenus des sites web chinois sont régis par les Measures
for Managing Internet Content Provisions, promulgués par le 25 Septembre
2000 par le State Council en tant que Decree No. 292.[19]
Le
MII exerce une compétence générale sur les contenus des sites web et les
autorités spécialisées exercent un droit de regard par rapport aux contenus les
intéressant spécifiquement, par exemple, le Ministry of Eduction contrôle les
contenus à caractère éducatif, la China Securities Regulatory Commission
surveille les contenus afférant aux sociétés cotées en bourse.[20]
Les
sites web chinois
ont l'obligation d'afficher leur licence de manière apparente sur leur page
d'accueil.
Ils garantissent la légalité des informations affichées.
Les
fournisseurs d'accès à l'internet doivent enregistrer les heures d'accès au
réseau par leurs clients, les noms et adresses des sites web, et leurs
principaux numéros de téléphone.
Ces
archives doivent être maintenues pendant 60 jours à la disposition des
autorités afin de pouvoir répondre à toute enquête.
Selon
l'article 15, il est interdit aux sites web d'afficher des informations
-
qui
sont contraires aux principes fondamentaux de la Constitution,
-
qui
menacent la sécurité nationale, divulgue des secrets d'Etat, qui portent
atteinte au Gouvernement, ou qui sapent l'unité nationale,
-
qui
portent atteinte à l'honneur ou aux intérêts de l'Etat,
-
qui
incitent à la haine ethnique ou à la discrimination ethnique, ou qui mine
l'unité nationale,
-
qui
sabotent la politique de l'Etat envers la religion ou qui prêchent les idées
des cultes néfastes ou des croyances féodales ou superstitieuses,
-
qui
propagent des rumeurs, dérangent l'ordre social ou la stabilité sociale,
-
qui sont
pornographiques ou obscènes, qui promeuvent le jeu, la violence ou qui incitent
à la commission de crimes, ou
-
qui
insultent ou calomnient autrui ou qui violent leurs droits et intérêts
légitimes.
En
application de l'article 16, les opérateurs de sites ont l'obligation en cas de
découverte d'informations contraires à ces exigences sur leurs sites, de les
enlever, de les conserver et d'informer les autorités.
Les
entreprises exploitant des activités liées à la publicité sur le web chinois
tombent dans le champ d'application de la Advertising Law qui est entrée en
vigueur le premier février 1995. Un opérateur de site web affichant des
publicités serait considéré comme un média de publication; s'il participait à
la conception ou la préparation, il deviendrait agence de publicité. Aux deux
titres, l'opérateur aurait à obtenir une licence de la State Administration for
Industry and Commerce (SAIC) avant de démarrer leurs activités.
En
application des Interim Provisions for the Administration
of Online News Transmitting, émis conjointement par le State Council News
Office et le MII le 7 novembre 2000, il est interdit aux sites chinois de
communiquer les actualités directement et, pour autant qu'ils transmettent des
actualités, les reportages doivent être fondés sur les informations annoncées
par les médias contrôlés par le Gouvernement central ou un gouvernement
provincial.[21]
Le
Ministry of Culture a émis le 27 mars 2000 le Notice on Relevant Issues
Concerning the Audiovisual Products Online Trading édictant que les échanges de
ces produits ne peuvent être entrepris que par des titulaires d'une licence
spécifique et seules les entreprises titulaires de licences pour exploiter
des activités dans l'édition, de vente en gros ou au détail, ou de location,
sont qualifiées pour se porter candidat pour la licence spécifique. Les
mentions de la licence sont affichées sur le site de l'opérateur. Pour livrer
des programmes audiovisuels sur l'internet, une licence doit être obtenue
auprès du State General Bureau of Radio, TV and Movies (SGBRTM).[22]
La
vente de produits pharmaceutiques sur le web est soumise à la réglementation
généralement applicable à ces produits ainsi qu'à deux mesures spécifiques. Les
Measures for Administration of Internet Health and Medical Equipment
Information Service émis par le Ministère de la Santé le 8 janvier 2001
imposant que les candidats à toute licence auprès du MII pour entreprendre la
vente de ces produits obtiennent d'abord son autorisation. Les Interim
Provisions for the Administration of Online Pharmaceutical Information
Services, émis par le State Drug Administration du 11 janvier 2001 qui
soumettent l'exploitation de cette activité à l'autorisation du State Drug
Administration au niveau compétent.
Les
éditeurs de livres électroniques sont régis par les Interim Regulations on the
Administration of Internet Publishing émis le 8 juillet 2002 conjointement par
le MII et le State Administration of Press and Publication auprès de qui une
licence spécifique à cette activité doit être obtenue.
En
matière de formation en ligne, le Ministère de l'Education a promulgué le 5 juillet 2000 visant les bases
éducatives ou qui établissent des connexions avec les programmes éducatifs
audiovisuels. Les formations en ligne de tous niveaux doivent obtenir
l'agrément du niveau compétent du Ministry of Education. Les candidats doivent
disposer des moyens financiers adéquats et comprendre du personnel qualifié
pour enseigner les cours concernés. Des listes des sites agréés sont
périodiquement publiées.
Les
sites éducatifs ne doivent pas afficher des contenus
-
divulguant
à des secrets d'Etat,
-
contredisant
les politiques du Gouvernement relatives à la race, à la religion ou à
l'éducation,
-
promouvant
les superstitions féodales, les cultes ou la pornographie ou qui portent
atteinte à la moralité publique, invitent aux jeux de hasard, ou qui incitent à
la violence, ou actes criminels ou délictueux,
-
propageant
les rumeurs, portent atteinte à l'ordre social ou incitent le peuple à se
rassembler pour créer du désordre,
-
portant
atteinte à la vie privée, attaquent autrui ou portent atteinte aux droits ou
intérêts légitimes d'autrui,
-
portant
atteinte à l'ordre public,
-
propageant
des virus.
Sauf
permission du Ministry of Eucation, le nom d'une école en ligne ne doit pas
comporter le mot Chine.
En
vertu de leur article 22, ces dispositions s'apliquent aux sites étrangers
offrant des services de formation sur le territoire.
2.3. - La réglementation des internautes
L'Order 363 du State Council du 29 septembre 2002[23] définit les conditions d'exploitation
des lieux d'accès au web chinois dans le genre internet cafés à l'exclusion des
librairies et des établissements d'enseignement. Les candidats à ces activités présentent
leurs demandes de licences au Ministère de la Culture avant d'obtenir la
licence d'exploitation d'activités de la SAIC au niveau compétent. Sont exclues
du champ d'application des mesures les librairies et les établissements
d'enseignement.
Cette
réglementation vise surtout à contrôler la masse des chinois qui ne possèdent
pas un ordinateur au travail ou à domicile et qui se connectent au réseau dans
des internet cafés. Il s'agirait d'environ 30 millions d'internautes. À partir
de 2002, les autorités sont réputées avoir fermé quelque 150.000 internet cafés
à travers le pays.[24]
2.4. - La réglementation de l'encryptage
L'encryptage
commercial est défini par le Regulation Of Commercial Encryption Code, State
Council Directive No. 273 comme correspondant aux produits pour l'encryptage,
hormis l'encryptage de l'Etat et les systèmes d'encryptage inclus dans d'autres
logiciels.[25]
Le
Gouvernement central se réserve l'exclusivité de régulation de la recherche, de
la production, des ventes des produits d'encryptage commerciaux.
La
National Commission on Encryption Code Regulations (NCECR) est responsable de
la mise en uvre de ces Regulations. Elle attribue les licences de ventes des
produits d'encryptage commerciaux.
Selon
l'article 13 des Regulations, les produits d'encryptage commercial importés en
vue de leur revente ainsi que les produits importés incorporant des produits
d'encryptage commercial doivent être approuvés par la NCECR. L'article 16 exige
que les utilisateurs étrangers de produits d'encryptage commercial doivent les
déclarer à la NCECR.
2.5. - La formation de contrats en ligne
Dès
la réforme de la loi sur les contrats en 1999, plusieurs dispositions
facilitaient la propagation du commerce électronique. Sauf stipulation contraire
d'une loi ou d'un règlement, la conclusion des contrats n'est soumise à aucune
condition de forme (article 9). L'article 11 définit les échanges électroniques
de données ainsi que les courriers électroniques comme étant des
"écrits".
La
formation des contrats résulte d'un échange effectif d'une offre et d'une
acceptation. En vertu des articles 16 et 26 de la loi sur les contrats, les
offres et les acceptations sont effectives à partir de leur réception par le
destinataire. Lorsqu'un contrat est conclu par échange de messages
électroniques, si le destinataire d'un message a désigné un système spécifique
pour recevoir le message, le moment de l'introduction du message dans ce
système spécifique est réputé correspondre au moment de réception du message; si
aucun système spécifique n'a été désigné par le destinataire, le moment
d'introduction dans tout système du destinataire sera réputé correspondre au
moment de réception du message. Ainsi, il incombe à chaque participant de
désigner lequel de ses systèmes de courrier électronique lui sera opposable.
En
application de l'article 33 de la loi sur les contrats aux contrats
électroniques, chacune des parties peut exiger une lettre de confirmation comme
condition suspensive de la conclusion du contrat. Selon l'article 34,
s'agissant de contrats électroniques, le lieu de formation du contrat est celui
du principal établissement du "destinataire"; si ce dernier n'a pas
un établissement principal, son lieu de résidence est considéré comme le lieu de
conclusion du contrat.
Mais
il manquait un régime de signatures électroniques pour infuser dans les
internautes clients potentiels la confiance nécessaire au développement des
ventes en ligne.[26]
Le
28 août 2004, la Chine adopté une loi d'encadrement des signatures
électroniques qui est entrée en vigueur le premier avril 2005.[27]
À cette dernière date, le MII a promulgué Administration Rules on Electronic
Certification Service pour compléter les dispositions de la loi.[28]
Les
signatures électroniques sont définies comme correspondant à des données
électroniques qui sont contenues dans ou qui sont rattachées à un message
électronique et qui servent à identifier son signataire et à confirmer ses
contenus.[29]
Les signatures électroniques peuvent êtres utilisés avec des
messages transmis par des moyens électroniques, optiques, magnétiques ou autres
moyens similaires.[30]
Les signatures électroniques fiables selon les
critères de la Loi ont le même effet juridique qu'une signature à la main.[31]
En vertu de l'article 3 de la loi, il est loisible aux parties à
tout contrat ou autre document utilisé dans les activités civiles de convenir
d'utiliser ou de convenir de ne pas utiliser les signatures électroniques. Mais
si elles les acceptent, elles ne peuvent pas ensuite contester la validité des
documents concernés en raison de l'utilisation de signature électronique.
Sont exclues du régime des signatures électroniques :
-
les relations
personnelles, comme le mariage, l'adoption, les successions,
-
les
transferts de droits et intérêts afférant aux terres et aux biens immeubles,
-
la fourniture
des services publics tels que l'eau, le chauffage, le gaz, l'électricité.
Les dispositions de la loi visent à garantir l'intégrité des
messages communiqués par rapport aux contenus originaux, tout en admettant les
variations de formatage, ainsi qu'à identifier les expéditeurs et les
destinataires, à préciser l'heure de la transmission et à confirmer la
réception.[32]
Les messages électroniques
peuvent servir en tant que moyens de preuve.[33]
Pour apprécier le degré d'authenticité des messages électroniques,
il y a lieu de tenir compte de la fiabilité des méthodes de création,
d'entreposage et de transmission, des méthodes de maintien de l'intégrité de
ses contenus, et des méthodes d'identification de l'expéditeur.[34]
Sous réserve de la volonté
des parties,
-
tout message
électronique est réputé transmis à condition que l'expéditeur ait autorisé son
envoi, que le message ait été transmis automatiquement par les systèmes
d'informations des expéditeurs, après que le destinataire a vérifié le message
par un moyen convenu avec l'expéditeur.[35]
-
les messages
électroniques sont réputés avoir été envoyés au moment de leur injection dans un
système d'information autre que celui de l'expéditeur; les messages
électroniques sont réputés avoir été reus au moment de leur injection dans un
système d'information du destinataire.[36]
-
les lieux de
départ et de réception des messages électroniques correspondant leurs
établissements respectifs.[37]
Pour qu'une signature électronique puisse être considérée comme
fiable, il faut qu'au moment d'apposition de la signature, les données signées
appartiennent au signataire, que la signature soit faite sous son seul
contrôle, et toutes les modifications de la signature ou des données
apparaissent.[38]
Les candidats à l'exploitation d'activités de certification de
signatures électroniques présentent leurs demandes au MII.
Outre les exigences liées au fonctionnement professionnel de leurs
opérations, les prestataires de services de certification électronique doivent
pour obtenir une homologation des autorités de sécurité publique leur
permettant l'utilisation d'encryptage.[39]
Les prestataires agréés
doivent maintenir un site internet sur lequel sont obligatoirement postées
leurs normes de fonctionnement et l'étendue de ses responsabilités.
Les prestataires de service
de certification des signatures électroniques doivent vérifier les identités de
leurs clients et contrôler leurs documentations.[40]
Les fournisseurs de services
de certification garantissent que les contenus des certificats qu'ils émettent
sont complets et exacts pendant leur durée.
Les utilisateurs de
signatures électroniques sont responsables en cas de soupon de pénétration de
prévenir les parties concernées.[41]
Lorsque tout utilisateur de signatures électroniques subit un préjudice en relation avec son recours aux
services d'un prestataire de services de certification, ce denier supportera la charge de prouver qu'il n'a pas commis une faute.[42]
Il est interdit sous peine
d'amendes pouvant atteindre les RMB 1 million d'offrir des services de
certification sans les autorisations légales.[43]
Les responsabilités en cas d'utilisation frauduleuse d'une signature
électronique sont définies par la loi pénale et la loi civile.
2.6. - Les activités financières en ligne
Les banques chinoises
tiennent la tête du peloton en matière de réalisation de transactions en ligne.
Selon une étude de la PBOC, plus de 400.000 clients réalisent des opérations en
ligne avec leurs banques.
Le
9 juillet 2001, la PBOC a émis les Provisional Measures for Regulating Internet
Banking Transactions pour encadrer les opérations bancaires en ligne. Le 26
janvier 2006, la China Banking Regulatory Commission les a complétés en
adoptant les Electronic Payment Guidelines.
L'article
4 des Measures stipule que l'autorisation de la PBOC doit être obtenue avant
d'offrir des opérations bancaires en ligne.
Les
mesures s'appliquent aux banques établies sur le territoire chinois. Elles ne
couvrent pas les banques virtuelles qui, en attendant la
promulgation de mesures distinctes, restent interdites.
Les
banques à l'étranger ayant l'intention d'offrir des services bancaires en ligne
sur le territoire doivent solliciter l'autorisation de la PBOC.
Outre
les usuelles exigences de compétence professionnelle et de solidité financière,
les candidats doivent démontrer qu'ils possèdent des systèmes informatiques et
de contrôle adéquats. Les succursales de banques étrangères ont en plus à
démontrer que leurs maisons-mères sont soumises à une réglementation dans leur
pays d'origine afférant aux opérations bancaires en ligne.
Les
demandes d'autorisation sont présentées au siège de la PBOC. Elles sont
accompagnées d'études de faisabilité indiquant les activités en ligne visées
ainsi que de rapports dressés par des experts agréés par la PBOC évaluant
l'état de sécurité de leurs systèmes informatiques internes exploités en
relation avec les activités bancaires en ligne. Les additions à la gamme de
services offerts en ligne doivent donner lieu à une notification à la PBOC qui
se réserve dans certains cas de refuser les adjonctions.
La
PBOC attache une grande importance à la sécurité des systèmes informatiques des
établissements bancaires. À cet effet et dès 1998, elle a décrété avec le
Ministry of Public Security les Provisional Regulations on Security Protection
of the Computer Information Systems of Financial Institutions. Les banques
doivent maintenir la sécurité de leurs systèmes informatiques, notamment par
rapport aux données y véhiculées et aux identités des participants.
La
China Securities Regulatory Commission a adopté le 30 mars 2000 les Interim
Regulations for the Online Securities Brokerage Sector pour encadrer les
relations entre les investisseurs consommateurs et leurs courtiers. L'article
24 des Regulations limite l'accès à l'activité aux seules sociétés
d'investissement agréées par la CSRC, qui doivent solliciter une licence
spécifique pour exploiter leurs activités de courtage en ligne.[44]
La
loi chinoise n'autorise pas les émissions de titres sur le web et la
communication par écrit demeure la règle.
Les
échanges sont réalisés dans le respect de la transparence, de l'équité, de la
justice, de l'honnêteté, de la fiabilité, de la sécurité et de l'efficience.[45]
Les
activités d'échanges de valeurs sur le web doivent être séparées des autres
activités des courtiers. Ils décident en toute indépendance de leurs systèmes
pour gérer les opérations tout en assurant la sécurité et ils ne doivent pas
transférer les informations des clients en dehors de leurs sites.Ils conservent
les données concernant les opérations pendant 15 ans.[46]
Le personnel technique occupant des fonctions importantes doit obtenir des
agréments étatiques de leurs connaissances techniques.[47]
À
condition de se trouver un siège à la corbeille, les courtiers étrangers
avaient la possibilité d'offrir des services de courtage pour les actions dites
B (qui sont cotées sur les bourses de Shanghai et de Shenzhen mais qui
circulent uniquement en dehors de la Chine).
Aucune
loi fiscale ne vise spécifiquement les activités commerciales sur le web
chinois qui sont donc soumises au régime général comportant assujettissement à
une taxe sur la valeur ajoutée et à l'impôt sur les bénéfices réalisés en Chine
compte tenu des dispositions des nombreuses conventions fiscales conclues par
la Chine.
2.7. -
La protection des consommateurs en ligne
Les
conditions de vente sur le web chinois doivent respecter les droits des
consommateurs définis notamment dans la Law Concerning
Protection of the Rights and
Interests of Consumers (la "Consumer Protection Law").[48]
Les
consommateurs ont, entre autres, les droits suivants: le respect de leur
sécurité physique, l'équité dans les échanges, la réparation des préjudices, la
liberté de constituer des associations pour la défense collective de leurs
intérêts, le respect de leur dignité personnelle et de leurs coutumes
nationales.[49] Les
consommateurs ont la faculté de porter leurs réclamations devant les et
autorités administratives et les juridictions chinoises.[50]
Les
vendeurs ont l'obligation de respecter leurs contrats dont les dispositions ne
peuvent pas enfreindre les lois et règlements.[51]
Ils doivent fournir des informations exactes concernant leurs produits et
avertir les consommateurs en cas de danger pour leurs personnes ou pour leurs
biens. Ils doivent indiquer leurs noms véridiques. Ils doivent émettre des
quittances pour les paiements. Ils garantissent que leurs produits sont aptes
aux utilisations normales et conformes aux descriptions en faites dans leurs
publicités, ils doivent assurer promptement les services après-vente promis, et
il leur est interdit d'imposer des conditions injustes ou déraisonnables sous
peine de nullité.[52]
En
vertu de l'article 35 de la loi, les consommateurs ayant subi des préjudices à
cause de produits défectueux recherchent la responsabilité des vendeurs qui se
retournent contre les producteurs lorsque la faute relève plutôt de leur fait.
Les entreprises dont les biens ou services vendus causent des préjudices
physiques ou matériels ont l'obligation d'indemniser les victimes et/ou leurs dépendants
à concurrence des nécessités de la vie quotidienne.
Les
entreprises commerciales qui violent leurs obligations envers les consommateurs
s'exposent à des poursuites administratives pouvant entraîner la confiscation
des gains illicites, le paiement d'amendes et dans les cas graves, la
suspension de leurs activités.[53]
Aucune loi
n'interdit l'exploitation des données personnelles par les opérateurs de site
web chinois.
Mais
l'article 38 de la Constitution chinoise consacre la dignité humaine des
citoyens. L'article 18 des Implementing Measures for the Provisional
Regulations for the Administration of International Connection of Computer
Information Networks[54]
interdit les invasions de la vie privée d'autrui par la propagation
d'informations calomnieuses et l'utilisation du nom d'autrui pour propager des
informations.
L'article
40 de la Constitution protège la confidentialité des correspondances, sauf en
cas de besoin pour la sécurité de l'Etat ou d'une enquête criminelle avec
l'autorisation procuratoriale ou celle des autorités de la sécurité publique.
Selon l'article 7 des Measures for the Protection of
Security and Administration of International Connection of Computer Information
Networks[55] les internautes jouissent de la liberté
de communication et les invasions de la confidentialité sont interdites.
Bien
que l'envoi non sollicité des messages électroniques ne soit pas interdit par
les lois ou règlements, de nombreux fournisseurs d'accès chinois l'interdisent
dans leurs contrats avec leurs clients.
2.8. -
Les infractions et les sanctions
En ouvrant un site de commerce
électronique en Chine sans faire agréer l'importation de la technologie y
incorporée, l'entreprise étrangère s'exposerait à des poursuites pénales en
application de l'article 46 des Technology Import and Export Regulations pour
infraction à la législation douanière. Sa licence d'exploitation toute activité
pourrait être retirée et des amendes pouvant atteindre 5 fois le montant de ses
gains illicites pourraient lui être imposées par le MOFCOM. La corruption des
fonctionnaires est explicitement interdite par l'article 52 de ces Regulations.
Egalement
susceptibles de poursuites pour infractions aux lois douanières et à la loi
pénale sont les importations non-autorisées de produits d'encryptage
commercial.
Les
activités commerciales sur le web chinois tombent dans le champ d'application
de nombreuses dispositions législatives et réglementaires qui ont trait à la
sécurité publique, à l'intégrité des réseaux, à la propriété intellectuelle,
aux conditions d'exploitation d'activités commerciales.
La Law concerning the Maintenance of State Secrets[56] ainsi que ses Implementing Measures investissent les autorités d'un pouvoir discrétionnaire pour définir les secrets d'Etat.[57]