DANIEL ARTHUR LAPRES

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Le risque pŽnal dans leurs relations d'affaires avec

la RŽpublique Populaire de Chine

 

par

 

Daniel Arthur Laprs[1]

 

PubliŽ dans la Semaine Juridique, 15 mars 2007, N¡ 11, p. 1341

 

 

Plan

 

Le choc entre la culture d'affaires en RŽpublique Populaire de Chine et l'objectif de bonne gouvernance des entreprises imposŽ par les normes conventionnelles et nationales dans les pays dŽveloppŽs engendre pour les partenaires Žtrangers des entreprises chinoises des conflits dont les traitements pourront dŽsormais engager leur responsabilitŽ pŽnale en Chine ainsi que dans leurs pays d'origine.

 

Par rapport aux rŽgimes pratiquŽs en Occident, le droit pŽnal chinois couvre un champ plus vaste et applique des sanctions plus sŽvres avec moins de respect pour les droits de la dŽfense.

 

Les autoritŽs chinoises se sont engagŽes ˆ instaurer une gouvernance des entreprises conforme aux normes internationales et, s'agissant du droit pŽnal des affaires, elles ont dŽfini une vaste gamme d'infractions incluant la corruption, le blanchiment d'argent, les atteintes ˆ l'ordre du marchŽ, ˆ l'ordre des entreprises, ou ˆ l'ordre de l'administration financire, les atteintes aux droits de la propriŽtŽ intellectuelle, les fraudes financires, et la mise en circulation de produits frauduleux ou de mauvaise qualitŽ.

 

 

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1. - Introduction     

1.1. - Le dŽlabrement de mÏurs dans le monde des affaires en RPC

1.2. - Le dilemme pour les entreprises Žtrangres

  

2. - Introduction au droit pŽnal chinois et ˆ la procŽdure pŽnale chinoise

2.1. - Les sources du droit pŽnal chinois et de la procŽdure pŽnale chinoise

2.2. - L'administration du droit pŽnal chinois

2.3. - Le champ d'application de la loi pŽnale chinoise  

2.4. - La responsabilitŽ pŽnale 

2.5. - La procŽdure pŽnale et les droits de la dŽfense  

2.6. - Les sanctions pŽnales

 

3. - Les activitŽs Žconomiques incriminŽes

3.1. - Les dŽlits d'expression d'opinion

3.2. - La corruption

3.3. - Le blanchiment d'argent

3.4. - Les atteintes ˆ l'ordre des sociŽtŽs et des entreprises

3.5. - Les atteintes ˆ l'ordre de l'administration financire  

3.6. - Les fraudes financires

3.7. - Les atteintes ˆ la collecte et ˆ l'administration des imp™ts

3.8. - Les atteintes aux droits de la propriŽtŽ intellectuelle

3.9. - Les produits frauduleux ou de mauvaise qualitŽ

3.10. - La contrebande

3.11. - Les activitŽs Žconomiques illicites portant atteinte ˆ l'ordre du marchŽ

 

4. - Conclusion

 

 

 

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1. - Introduction

 

Dans leurs relations d'affaires avec la RŽpublique Populaire de Chine (RPC), les entreprises Žtrangres sont exposŽes au risque pŽnal sur deux plans.

 

D'abord, elles supportent les consŽquences de leurs actes que les tribunaux chinois jugent comme soumis ˆ leur compŽtence et comme rŽgis par la loi locale. Aussi, le domaine pŽnal Žtant plus Žtendu qu'en Occident, les droits de la dŽfense moins protecteurs[2] et la rŽpression plus sŽvre, il y aura lieu pour les entreprises Žtrangres de veiller ˆ ne pas transposer mŽcaniquement leurs pratiques nationales sur le territoire chinois. Une caractŽristique du droit pŽnal chinois est que quasiment tout comportement illicite est susceptible d'tre poursuivi au titre du droit pŽnal ds lors que son envergure ou ses consŽquences atteignent une certaine importance estimŽe selon des critres, et sujette ˆ des seuils, variables selon les actes, selon les lois et mme en fonction de la juridiction saisie.

 

Le potentiel pour conflit chez les entreprises Žtrangres entre leurs situations juridiques en RPC et les contraintes dans leurs pays d'origine a ŽtŽ amplement illustrŽ par les difficultŽs ŽprouvŽes par les sociŽtŽs amŽricaines exploitant des sites internet en RPC qui ont mme ŽtŽ amenŽes ˆ dŽnoncer aux autoritŽs chinoises des journalistes ensuite condamnŽs pour violation des limitations en droit chinois ˆ la libertŽ d'expression, lesquelles restrictions font l'objet de critiques gŽnŽralisŽes ˆ l'Žtranger comme contraires aux droits de l'homme.[3]

 

Ensuite, les entreprises Žtrangres en relation d'affaires avec la RPC doivent rendre compte de leurs actes au regard de la rŽglementation dans leur pays d'origine o leurs dŽlits en RPC selon la loi chinoise et/ou selon la loi de leur pays d'origine sont susceptibles de fonder des poursuites devant leurs juridictions nationales.

 

1.1. - Le dŽlabrement de mÏurs dans le monde des affaires en RPC

 

En RPC, la corruption, la fraude[4] et les autres dŽlits Žconomiques sont notoirement endŽmiques dans le monde des affaires.[5] Ainsi, selon certaines estimations, la corruption en Chine correspondrait ˆ 3-5% du produit intŽrieur brut[6] alors que Transparency International annonce que 77 pays sont perus comme moins corrompus que la Chine.[7]

 

Le montant des fonds blanchis annuellement en Chine atteindrait Û 20 milliards dont la part accumulŽe ˆ l'Žtranger correspondrait ˆ Û 50 milliards ce qui serait l'Žquivalent approximatif d'un an d'investissements Žtrangers sur le territoire.[8]

 

Pourtant la cause de ce dŽlabrement des mÏurs dans le monde des affaires n'est ni le manque de normes qui s'avrent au contraire plŽthoriques (ce que nous nous attacherons ˆ dŽmontrer ci-dessous), ni le manque de poursuites puisque le procuratorat en annonce des centaines de milliers.[9]

 

Plut™t, l'application des sanctions pŽnales demeure si alŽatoire en matire Žconomique que le risque de punition n'est finalement pas dissuasif.[10]

 

Cette incohŽrence entre la volontŽ d'assainir le monde des affaires et les moyens y consacrŽs, d'une part, et l'Žchec constatŽ, d'autre part, tient ˆ plusieurs facteurs.

 

S'agissant du plus irrŽductible des dŽlits dans le monde des affaires chinois, la corruption, selon le Procuratorat auprs de la Cour Populaire Suprme, entre 1998 et 2002, les tribunaux ont certes prononcŽ 83.300 condamnations pŽnales pour corruption[11] mais ceci ne correspond qu'ˆ un chinois sur 50.000 parmi la population active.[12]

 

Ë peine 6% des membres du Parti Communiste Chinois dŽclarŽs coupables de corruption par les instances internes du Parti sont traduits devant les juridictions pour des infractions pŽnales.[13]

 

Quand bien mme qu'il soit normal en droit chinois de caractŽriser un acte comme pŽnal en fonction de sa gravitŽ, il demeure que les franchises de la pŽnalisation de la corruption sont hissŽes ˆ des niveaux qui laissent au trafic d'influence en tous genres un r™le important dans le monde des affaires. En particulier, les avantages concŽdŽs en Žchange d'une faveur administrative ou officielle qui ne dŽpassent pas RMB 5.000 pour les individus[14] et RMB 200.000 pour les entreprises Žchappent ˆ la pŽnalisation,[15] quitte (au moins en thŽorie) ˆ assumer le risque de subir des sanctions administratives ou d'tre poursuivi en rŽparation par les victimes.

 

MalgrŽ son tissu conventionnel pour l'entraide juridique, la Chine n'a rŽussi ˆ faire rapatrier qu'une petite fraction des personnes s'Žtant enfuies ˆ l'Žtranger dont les trois quarts sont des cadres supŽrieurs d'entreprises d'Etat ou hauts fonctionnaires poursuivis pour des dŽlits de corruption.[16]

 

1.2. - Le dilemme pour les entreprises Žtrangres

 

Les entreprises Žtrangres en Chine sont inŽluctablement conduites ˆ arbitrer les avantages de pratiquer des politiques ˆ la corde raide pour saisir des opportunitŽs historiques aux dŽpens de concurrents souvent tŽmŽraires contre la probabilitŽ relativement faible de poursuites pŽnales qui, en tout cas, ne donneraient pas lieu ˆ des sanctions insupportables, du moins en Chine.

 

Or les autoritŽs chinoises mnent le combat pour l'assainissement du monde des affaires autant au plan international qu'au plan interne. La RPC a conclu des 24 traitŽs bilatŽraux d'entraide judiciaire et 19 traitŽs bilatŽraux d'extradition. Elle bŽnŽficiera donc du soutien d'autoritŽs Žtrangres moins permŽables que ne le sont les instances internes pour combattre la corruption et la criminalitŽ dans les affaires sur leur territoire. En plus, les informations communiquŽes aux autoritŽs des pays partenaires de la Chine dans la lutte contre la criminalitŽ leur permettront dans certains cas de lancer des investigations et des poursuites sur leurs propres territoires.[17]

 

ConsidŽrant que la France, la RPC et 28 autres Etats ont ratifiŽ la Convention de l'ONU contre la corruption, entrŽe en vigueur le 14 dŽcembre 2005,[18] qui vise ˆ combattre la corruption dans les secteurs privŽs et publics et que, selon la dŽfinition dans la Convention, les salariŽs des Entreprises d'Etat (State-Owned Enterprises - SOEs) sont vraisemblablement des Ç agents publics È, toute entreprise Žtrangre rŽgie par la loi d'un Etat partie ayant des relations avec une Entreprise d'Etat en Chine engagerait sa responsabilitŽ dans son droit national pour ses actes de corruption en Chine. Les entreprises et leurs conseils retiendront en particulier les engagements conventionnels dŽtaillŽs en  matire de coopŽration pour la rŽalisation d'enqutes policires et d'actions judiciaires.

 

Ensuite, les Etats Parties ˆ la Convention de l'Organisation pour la CoopŽration et le DŽveloppement Economique (OCDE) pour lutter contre la corruption des agents publics Žtrangers signŽe ˆ Paris le 17 dŽcembre 1997 ont l'obligation d'appliquer des sanctions pŽnales ˆ la corruption par leurs ressortissants des Ç agents publics È appartenant mme ˆ des pays non-membres de la Convention, y compris donc en Chine. La dŽfinition de l'expression Ç agent public Žtranger È dans cette Convention est Žgalement susceptible d'tre interprŽtŽe comme incluant les salariŽs des Entreprises d'Etat en Chine.

 

D'autre part, les entreprises sises dans des Etats et territoires participant au Groupe d'Action Financire (GAFI), dont la plupart des pays de l'OCDE, retiendront que leurs lois nationales doivent s'appliquer aux actes accomplis dans les pays non-participant entrepris en relation avec le blanchiment d'argent sur leur territoire national. 

 

2. - Introduction au droit pŽnal chinois et ˆ la procŽdure pŽnale chinoise

 

Trs rapidement aprs le lancement de la rŽforme par Deng Xiao Ping en 1978, une nouvelle Loi pŽnale[19] a ŽtŽ adoptŽe pour amŽliorer la protection des citoyens en dŽpolitisant le processus pŽnal et en le soumettant ˆ la loi Žcrite. En effet, aprs la RŽvolution Communiste en 1949 et l'abolition de toutes lois du Gouvernement Nationaliste, les tribunaux avaient fonctionnŽ sans loi pŽnale Žcrite en s'inspirant de recommandations politiques pour rendre leurs jugements. Pendant la RŽvolution Culturelle de 1966 ˆ 1976, le systme judiciaire est passŽ sous contr™le de l'armŽe et il a ŽtŽ intŽgralement asservi aux objectifs politiques.

 

Aprs 20 ans de rŽforme, la Loi pŽnale a subi une rŽvision importante pour l'adapter aux nouvelles conditions Žconomiques et sociales. Ë cette occasion, la responsabilitŽ des personnes morales (danwei) a ŽtŽ introduite, un nouveau chapitre a crŽŽ des infractions constituŽes d'atteintes portŽes ˆ l'ordre de l'Žconomie de marchŽ socialiste et un autre nouveau chapitre a visŽ spŽcifiquement la corruption et le trafic d'influence.

 

2.1. - Les sources du droit pŽnal chinois et de la procŽdure pŽnale chinoise  

 

Le droit pŽnal chinois consiste en normes constitutionnelles,[20] de celles prŽvues dans la Loi pŽnale et dans la Loi relative ˆ la procŽdure pŽnale et de celles stipulŽes dans la quasi-totalitŽ des lois et des rglements comme susceptibles d'tre appliquŽes dans les cas d'infractions graves ˆ leurs dispositions. Les interprŽtations de la Cour Suprme de la pŽnale et de la loi relative ˆ la procŽdure pŽnale s'imposent aux tribunaux infŽrieurs.[21] De manire similaire, le procuratorat auprs de la Cour Populaire Suprme en matire pŽnale fournit des guides complŽmentaires pour les procuratorats aux Žchelons infŽrieurs.

    

Des exemples de loi comportant un volet pŽnal significatif pour la gestion des entreprises plus amplement ŽvoquŽes ci-dessous sont la Loi relative au commerce Žtranger,[22] la Loi relative aux sociŽtŽs,[23] la Loi relative aux valeurs mobilires,[24] la Loi contre la concurrence dŽloyale,[25] et la toute nouvelle Loi contre le blanchiment d'argent.[26]

 

Le rglement de la State Administration of Industry and Commerce (SAIC) N¡ 80 pour combattre la corruption adoptŽ en application de la loi relative ˆ la lutte contre la concurrence dŽloyale fournit un exemple de rŽglementation comportant un volet pŽnal.[27]

 

2.2. - L'administration du droit pŽnal chinois

 

    Le droit pŽnal est administrŽ par les procuratorats et les tribunaux aux niveaux (i) national, (ii) provincial ou des rŽgions autonomes ainsi que des villes sous administration directe du gouvernement central. Le Ministry of Supervision et le China National Account Office exercent des contr™les sur les activitŽs des fonctionnaires et le Parti Communiste Chinois par sa Commission centrale de discipline se charge des Žcarts des membres du Parti. De nombreuses autres organisations ont ŽtŽ Žtablies par des gouvernements ˆ tous les niveaux pour combattre la corruption.[28] Par exemple, la People's Bank of China (PBOC) a Žmis des rgles pour guider les institutions financires dans la lutte contre le blanchiment d'argent et la State Administration of Foreign Exchange (SAFE) contr™le les opŽrations financires importantes ou douteuses.

 

    En gŽnŽral, les infractions font l'objet d'investigations par la police sous la direction et responsabilitŽ du Ministre de la SŽcuritŽ Publique avant d'tre dŽfŽrŽes le cas ŽchŽant au procuratorat sous l'autoritŽ ultime du Procuratorat auprs de la Cour Populaire Suprme.

 

Le Ministre et le Procuratorat auprs la Cour ont chacun Žtabli des services spŽcialisŽs dans la lutte contre la corruption.

 

Le Procurateur auprs la Cour Populaire Suprme et le PrŽsident de la Cour sont nommŽs et rŽvoquŽs par l'APN.[29] Les travaux du procuratorat rattachŽ ˆ la Cour Populaire Suprme ainsi que ceux de la Cour elle-mme sont soumis au contr™le du ComitŽ Permanent de l'APN.[30]

 

L'indŽpendance des procurateurs et des juges est garantie par les articles 126 et 131 de la Constitution.

 

S'agissant des cas impliquant des hautes personnalitŽs de l'Etat, le procuratorat auprs la Cour Populaire Suprme prend directement en charge leur instruction avant de les transmettre si les preuves sont suffisantes ˆ la commission de discipline du Parti pour renvoi le cas ŽchŽant au ComitŽ Permanent du ComitŽ Central du Parti.[31]

 

2.3. - Le champ d'application de la loi pŽnale chinoise

 

Sauf disposition particulire, le droit pŽnal local est appliquŽ par les tribunaux chinois aux infractions[32] commises sur le territoire de la RPC ainsi qu'ˆ ceux commis sur les navires et les aŽronefs chinois. Surtout, il y aura lieu de remarquer que la Loi pŽnale chinoise sera appliquŽe aux infractions dont un acte ŽlŽmentaire a lieu, ou dont les consŽquences se produisent sur le territoire de la RPC. Un site internet hŽbergŽ et gŽrŽ en dehors de la RPC est nŽanmoins soumis ˆ sa loi pour autant que le site est accessible ˆ partir d'ordinateurs sur le territoire de la RPC.

 

    Les Žtrangers bŽnŽficient de l'ŽgalitŽ devant la loi et la procŽdure pŽnales, si ce n'est que les instances pŽnales les concernant sont initiŽes au niveau des juridictions du deuxime degrŽ. Aussi, les Žtrangers sont exposŽs ˆ la dŽportation ˆ cause de leurs infractions pŽnales. Les Žtrangers, comme les peuples minoritaires non-sinisants ont droit ˆ l'intervention d'un interprte dans les procŽdures pŽnales.

 

S'agissant de la criminalitŽ des entreprises Žtrangres, les membres de leur personnel sont le plus souvent exposŽs ˆ des peines moins sŽvres que les chinois comparses dans la criminalitŽ Žconomique. En effet, le droit chinois punit plus sŽvrement les fonctionnaires qui proposent et reoivent des avantages en Žchange de services officiels que les donneurs sollicitŽs que seront le plus souvent les entreprises Žtrangres. Aussi, il semblerait que dans les rares cas de poursuites contre les entreprises Žtrangres, les ressortissants Žtrangers ont pu nŽgocier des traitements allŽgŽs en Žchange de leurs dŽnonciations des cibles primordiales des autoritŽs chinoises qui sont les agents publics chinois. Mais, considŽrant la sŽvŽritŽ des peines de base encourues, ce ne sera que de maigre consolation aux premiers Žtrangers poursuivis et condamnŽs dans quelque r™le que ce soit.

 

2.4. - La responsabilitŽ pŽnale 

 

Selon l'article 13 de la Loi pŽnale, pour qu'un acte soit pŽnalement rŽprŽhensible, il doit tre interdit par la loi.

 

Les infractions pŽnales peuvent tre intentionnelles ou non-intentionnelles. Les sanctions pŽnales ne sont appliquŽes aux actes non-intentionnelles qu'en cas de disposition lŽgislative spŽcifique.

 

La loi pŽnale chinoise sanctionne les prŽparatifs ˆ la commission d'infractions, les tentatives, les actes de complicitŽ et les instigations. Les co-auteurs d'infractions en sont solidairement responsables. Un syndicat du crime peut tre rŽputŽ constituŽ par aussi peu que trois personnes.

 

Les actes pŽnalement rŽprŽhensibles ne sont pas poursuivis lorsque les prŽjudices causŽs ne sont pas importants. Le droit pŽnal chinois admet les dŽfenses de cause irrŽsistible ou imprŽvisible indŽpendante de la volontŽ ou de la nŽgligence de l'auteur, d'incapacitŽ ˆ reconna”tre ou ˆ contr™ler son comportement, de lŽgitime dŽfense et de nŽcessitŽ.

 

La responsabilitŽ pŽnale peut tre imputŽe aux sociŽtŽs, entreprises, institutions, organisations et groupes dans lequel cas elle le sera Žgalement au responsable hiŽrarchique et aux personnes directement responsables des actes incriminŽs.

 

2.5. - La procŽdure pŽnale et les droits de la dŽfense  

 

La Loi relative ˆ la procŽdure pŽnale[33] garantit les droits de la dŽfense dans l'abstrait, mais en droit chinois l'accusŽ n'a pas le droit de garder le silence mme quand ses rŽponses risquent de l'incriminer. Bien que la torture et la coercition soient interdites,[34] les confessions obtenues par ces mŽthodes sont admissibles en tant que moyen de preuve et leur pratique est courante. Le contr™le judiciaire des personnes souponnŽes d'infractions est prŽvu par la loi, mais la dŽtention provisoire est presque systŽmatique. La durŽe maximale de la dŽtention provisoire avant le procs de jugement est stipulŽe comme correspondant ˆ un an.

 

Le plus souvent, une poursuite pŽnale a son origine dans une enqute policire ˆ la suite d'un dŽp™t de plainte par des autoritŽs, des unitŽs ou des individus ayant constatŽ des infractions, ou par leurs victimes. Les plaintes peuvent tre dŽposŽes auprs de la police, du procuratorat et des tribunaux. Aprs investigation, l'autoritŽ saisie de la plainte dŽcide d'ouvrir ou non une procŽdure pŽnale.

 

Aprs qu'une procŽdure pŽnale est ouverte, le suspect est convoquŽ aux services de la sŽcuritŽ publique pour avouer ou nier sa culpabilitŽ. Le suspect peut tre retenu pour une pŽriode de douze heures, renouvelable un nombre de fois indŽterminŽ. Si la police dŽcide d'arrter le suspect, elle doit normalement en informer le procuratorat dans les trois jours, dŽlai qui peut tre, dans les cas exceptionnels, prorogŽ d'un ˆ trois jours et qui est fixŽ ˆ 30 jours en cas d'infractions commises en bande organisŽe ou sur des lieux multiples. Ainsi, la police peut retenir des suspects sur sa propre intiative pour des durŽes pouvant atteindre 37 jours, pŽriode qui peut tre prorogŽe en ouvrant une nouvelle procŽdure pŽnale par rapport ˆ des faits annexes.

 

Au-delˆ de cette premire pŽriode, la police ne peut dŽtenir les suspects que sur mandat du procuratorat.

 

Dans les sept jours suivants la rŽception de la demande, le procuratorat doit dŽcider de prolonger la dŽtention ou de remettre le suspect en libertŽ Žventuellement en assignation ˆ rŽsidence ou sous contr™le administratif.

 

Dans les 24 heures du dŽbut d'une mise en dŽtention, la famille et l'unitŽ de travail du dŽtenu sont informŽs du lieu et des raisons. Dans ce mme dŽlai, les personnes dŽtenues ont la facultŽ de dŽsigner des avocats qui peuvent ds lors apprendre la nature de l'infraction en cause ; ils peuvent aussi rencontrer le suspect (gŽnŽralement en la prŽsence de la police) et demander aux tribunaux d'ordonner sa remise en libertŽ.

 

Les perquisitions sont autorisŽes sans nŽcessitŽ d'ordonnance juidiciare ni mme de justification fondŽe sur des ŽlŽments objectifs.

 

La charge de la preuve est satisfaite lorsque Ç les faits sont clairs et que les preuves sont fiables et sufffisants È.

 

2.6. - Les sanctions pŽnales

 

    La gamme des sanctions comporte :

 

-   le contr™le,[35]

 

-   la dŽtention correctionnelle,